Recherche clinique

Le CHU de Nîmes lance un essai national sur la psilocybine pour prévenir les rechutes liées à l'alcool

Mis à jour le 07.07.2026 - Publié le

Le CHU de Nîmes vient de lancer l'essai clinique national ERPPAD, consacré à l'évaluation de la psilocybine dans la prévention des rechutes chez des personnes souffrant d'un trouble sévère de l'usage de l'alcool associé à des symptômes dépressifs persistants après un sevrage. Le 1er juillet 2026, les équipes ont administré la première dose au premier patient inclus dans l'étude, marquant le début du recrutement.

Coordonné par le CHU de Nîmes, cet essai de phase III est mené dans huit centres hospitaliers universitaires français.

Une nouvelle piste face à un enjeu majeur de santé publique

Le trouble de l'usage de l'alcool est une maladie chronique pour laquelle le risque de rechute reste élevé. Après un sevrage, entre 40 et 60 % des patients reprennent une consommation d'alcool. Lorsque des symptômes dépressifs persistent, ce risque est encore plus important, avec près de six patients sur dix qui rechutent dans les trois mois suivant leur sortie d'hospitalisation.

Si plusieurs traitements existent pour traiter séparément la dépendance à l'alcool ou la dépression, aucun n'est aujourd'hui spécifiquement indiqué pour cette association de troubles. Les chercheurs explorent donc de nouvelles approches thérapeutiques.

La psilocybine, une molécule étudiée dans un cadre médical

La psilocybine est une substance psychédélique actuellement évaluée dans plusieurs essais cliniques internationaux pour son potentiel thérapeutique dans certaines pathologies psychiatriques. Dans le cadre de ces recherches, elle est administrée sous surveillance médicale stricte et toujours associée à un accompagnement psychothérapeutique.

Des études menées ces dernières années ont déjà montré des résultats encourageants, notamment dans la dépression résistante et les troubles liés à l'usage de l'alcool, avec un effet potentiellement plus rapide que celui des antidépresseurs classiques.

Un essai de grande ampleur après des résultats prometteurs

L'essai ERPPAD fait suite à une première étude pilote conduite au CHU de Nîmes en 2024 auprès de 30 patients. Les résultats, publiés en 2025 dans la revue Addiction, avaient montré une augmentation du taux d'abstinence, une diminution du craving et une réduction des rechutes chez les patients ayant reçu une dose thérapeutique de psilocybine, avec une bonne tolérance du traitement.

La nouvelle étude doit permettre de confirmer ces résultats sur un échantillon beaucoup plus important.

Au total, 172 patients seront recrutés dans huit centres hospitaliers universitaires en France. Les participants recevront deux administrations de psilocybine, associées à un programme intensif de prévention de la rechute, avant un suivi d'un an destiné à mesurer l'efficacité du traitement.

Vers une nouvelle option thérapeutique ?

Pour les chercheurs, cet essai pourrait contribuer à faire évoluer la prise en charge des personnes souffrant d'addiction à l'alcool, en particulier lorsque celle-ci s'accompagne de symptômes dépressifs persistants.

Si les résultats confirment les bénéfices observés lors de l'étude pilote, la psilocybine pourrait, à terme, devenir une nouvelle option thérapeutique, en complément des traitements actuellement disponibles, pour limiter les rechutes et améliorer le parcours de soins de ces patients.

Pour participer à l'étude ERPPAD

Pour lire le communiqué de presse de l'étude ERPPAD