Sport santé

« Je suis en fauteuil, mais je suis capable de faire du sport »

Mis à jour le 07.10.2026 - Publié le

En septembre 2025, Marie-Laure Blanc participe aux journées parasportives organisées au CHU de Nîmes, sur le plateau de Carémeau. Parmi les activités proposées, une séance de découverte du handfauteuil. 

Atteinte d’une maladie neurodégénérative, Marie-Laure sait qu’elle ne pourra plus marcher ni courir. Pourtant, elle ne veut pas renoncer au mouvement, au collectif et au plaisir de pratiquer une activité sportive.

C’est dans ce contexte qu’elle découvre le handfauteuil. Elle commence alors à pratiquer cette discipline avant même d’être elle-même en fauteuil. Aujourd’hui, elle entame sa deuxième année au sein du Handball Gard, dans la section Para Hand Gard.

Un sport où tout le monde joue ensemble

Le principe lui plaît immédiatement : une équipe mixte, où personnes valides et personnes en situation de handicap évoluent ensemble.

Après une première année consacrée à l’entraînement, à raison d’une séance par semaine, Marie-Laure se lance désormais dans la compétition. Elle participe au championnat d’Occitanie de handfauteuil, avec des rencontres face notamment à Rodez, Perpignan et Toulouse.

Les journées de compétition réunissent cinq équipes. Les clubs se retrouvent à tour de rôle chez l’un des participants pour s’affronter dans des matchs de 15 minutes, avec une mi-temps. Le temps de jeu est partagé entre les joueurs : Marie-Laure joue généralement quelques minutes à chaque rencontre.

La prochaine compétition aura lieu le dimanche 25 octobre à Bouillargues.

Des bénéfices qui ne se mesurent pas seulement sur un terrain

« Ça ne m’aide pas physiquement », explique-t-elle, consciente de l’évolution de sa maladie. Mais le sport lui apporte autre chose : une forme de liberté.

Pendant l’entraînement ou les matchs, elle peut mettre sa maladie entre parenthèses. « Tout le monde joue ensemble sur un fauteuil », résume-t-elle. Valides ou non, chacun partage le même terrain, les mêmes règles et le même objectif.

Une expérience qui lui permet de se dire : « Oui, j’ai une maladie, je suis en fauteuil, mais je suis capable de faire du sport. »

Pour quelqu’un qui sait qu’il ne pourra plus marcher ou courir, cette capacité à continuer à pratiquer une activité sportive représente beaucoup.

Une nouvelle confiance

Au fil des entraînements, Marie-Laure a également gagné en aisance dans la manipulation de son fauteuil. Les déplacements deviennent plus naturels, les gestes plus sûrs et la confiance s’installe.

C’est aussi ce que les journées parasportives du CHU cherchent à provoquer : permettre aux patients de découvrir une activité, de se dire qu’elle est accessible et, pourquoi pas, de franchir le pas.

Pour Marie-Laure, le déclic a eu lieu. Aujourd’hui, elle ne se contente plus de découvrir le handfauteuil : elle s’entraîne, elle participe à des compétitions et fait partie d’une équipe.

Une manière, aussi, de continuer à avancer.

L’activité physique adaptée, bien au-delà du sport

Les journées parasportives organisées au CHU de Nîmes illustre une démarche qui s’inscrit plus largement dans le quotidien des équipes de rééducation. Pour les enseignants en activité physique adaptée (APA), l’objectif est avant tout de proposer à chaque patient une activité en adéquation avec ses capacités, ses envies et son état de santé.

Au-delà des bénéfices physiques, l’activité physique adaptée peut aussi être un moyen de retrouver du plaisir dans le mouvement, de reprendre confiance en ses capacités, de maintenir ou recréer du lien social et de mieux vivre avec sa pathologie. Pour les professionnels qui accompagnent les patients au quotidien, il s’agit donc de trouver les activités qui leur permettent de rester actifs, mais aussi de leur redonner l’envie de bouger. 

Le parcours de Marie-Laure Blanc en est une illustration : une première expérience lors d’une journée parasportive peut devenir le point de départ d’une pratique régulière et d’une nouvelle manière de vivre avec son handicap.