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Réduire les effets indésirables des médicaments : le CHU de Nîmes rejoint IATROPREV 2

Mis à jour le 09.03.2026 - Publié le

En Occitanie, le CHU de Nîmes rejoint le dispositif national IATROPREV 2, un programme innovant visant à améliorer la qualité et la sécurité des prescriptions médicamenteuses chez les personnes âgées.

👉  Nous recherchons 40 patients éligibles pour intégrer cette étude en 2026.

Le risque iatrogène : de quoi parle-t-on ?

Le terme iatrogénie médicamenteuse désigne un effet indésirable ou une complication provoqués par un ou plusieurs médicaments.

Il peut s’agir :

  • D’un médicament mal adapté,
  • D’une interaction entre plusieurs traitements,
  • D’un dosage inapproprié,
  • Ou d’une prescription devenue inutile avec le temps.

Ces situations concernent particulièrement les personnes de plus de 65 ans, souvent atteintes de plusieurs pathologies et prenant plusieurs médicaments chaque jour (polymédication).

Concrètement, le risque iatrogène peut entraîner des chutes, des troubles de la mémoire ou de la vigilance, des hospitalisations évitables, une dégradation de la qualité de vie.

L’objectif n’est pas nécessairement de “retirer des médicaments”, mais de s’assurer que chaque traitement est utile, adapté et bien coordonné entre l’hôpital et la médecine de ville.

IATROPREV : un dispositif national pour inclure les patients et médecins de ville

IATROPREV est une expérimentation qui a été lancée par le CHU d’Amiens-Picardie et le CHU de Lille, avec le soutien de l’ARS et de l’Assurance Maladie. Ce projet est axé sur l’optimisation et le suivi des prescriptions médicamenteuses des séniors entre ville et hôpital, dans l’objectif de réduire le risque iatrogène. 

Comment se déroule l’étude IATROPREV ? 

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Le dispositif repose sur un parcours structuré en 7 étapes simples :

  1. Repérage des patients à risque
  2. Inclusion dans le dispositif IATROPREV
  3. Proposition de réévaluation thérapeutique
  4. Concertation pluri professionnelle (gériatre hospitalier, pharmacien clinicien hospitalier, médecin traitant et pharmacien d’officine)
  5. Élaboration d’un Plan Pharmaceutique Personnalisé (PPP)
  6. Suivi du patient
  7. Clôture et facturation

Chaque étape vise à garantir une prise en charge coordonnée, sécurisée et adaptée à la situation de chaque patient.

Un dispositif qui a déjà fait ses preuves lors de la première phase

Lors de sa première phase, le projet a déjà démontré toute sa pertinence en incluant 549 patients, âgés en moyenne de 86 ans. Et les résultats sont significatifs : plus de 7 000 optimisations thérapeutiques ont été proposées, soit environ 15 ajustements par patient. À 90 jours, 75 % de ces propositions avaient été mises en œuvre, concernant : des ajouts de médicaments nécessaires, des arrêts de traitements devenus inadaptés et des ajustements de posologie.

Ces résultats confirment que l’approche ne se limite pas à la simple déprescription : elle repose sur une réévaluation globale, personnalisée et concertée des traitements, en lien étroit avec l’ensemble des professionnels de santé impliqués dans le parcours du patient.

IATROPREV 2 : une nouvelle phase nationale qui débute

Depuis janvier 2026, une nouvelle phase est déployée dans quatre régions pilotes : Hauts-de-France, Bretagne, Pays de la Loire et Occitanie.

Objectif : inclure plus de 3000 patients sur 36 mois.

IATROPREV 2 vise à :

  • Optimiser les prescriptions chez les patients âgés polymédiqués
  • Renforcer la coordination entre soins hospitaliers et soins de ville
  • Mettre en place un Plan Pharmaceutique Personnalisé (PPP)
  • Organiser des Réunions de Concertation Pluri-professionnelles (RCP) réunissant médecin traitant, pharmacien d’officine, gériatre et pharmacien hospitalier
  • Évaluer la faisabilité et la pérennité du dispositif à grande échelle

L’engagement du CHU de Nîmes au service du territoire

En rejoignant IATROPREV 2, le CHU de Nîmes affirme son rôle d’établissement support du GHT Cévennes-Gard-Camargue et son engagement pour :

  • Améliorer la qualité des soins sur l’ensemble du territoire,
  • Renforcer le lien entre l’hôpital et les professionnels de santé de ville,
  • Développer des projets innovants au service des patients âgés.

Cette implication s’inscrit pleinement dans la mission hospitalo-universitaire du CHU de Nîmes.

Qui peut participer ?

Les patients dis « à risques » sont repérés lors de l’hospitalisation au CHU de Nîmes : ils présentent un risque médicamenteux iatrogène, c’est-à-dire hospitalisés suite à un événement iatrogène, ont un traitement à marge thérapeutique étroite, ou bien auront plus de 3 modifications thérapeutiques pendant l’hospitalisation… Ces patients peuvent alors bénéficier de l’expérimentation IATROPREV 2, en lien direct avec leur médecin traitant et leur pharmacien.

Environ 40 patients seront inclus cette année en Occitanie via le CHU de Nîmes.

Participer à cette expérimentation, c’est :

  • Bénéficier d’une réévaluation personnalisée de ses traitements,
  • Contribuer à améliorer la sécurité des soins pour tous,
  • Participer à un programme national innovant.

Professionnels de santé : comment s’informer ?

Si vous êtes médecin généraliste ou pharmacien(ne) d’officine en Occitanie et souhaitez obtenir davantage d’informations pour participer à cette expérimentation :