Prévention santé

Grossesse : pourquoi prendre de l’acide folique avant la conception ?

Mis à jour le 22.10.2026 - Publié le

À l’occasion de la Journée mondiale du spina bifida et de l’hydrocéphalie, le 25 octobre, le CHU de Nîmes rappelle l’importance d’un geste de prévention encore trop méconnu : prendre de l’acide folique (vitamine B9) avant même le début de la grossesse.

L’acide folique, une vitamine essentielle au développement du bébé

Dès les premières semaines de grossesse, le cerveau et la moelle épinière du futur bébé commencent à se former à partir d'une structure appelée tube neural.

Normalement, ce tube se referme au cours des quatre premières semaines de grossesse. Mais il arrive que cette fermeture ne se déroule pas correctement, entraînant des malformations appelées anomalies de fermeture du tube neural (AFTN).

Parmi elles figurent notamment :

  • Le spina bifida, une malformation de la colonne vertébrale pouvant entraîner des troubles moteurs, urinaires ou d'autres handicaps.
  • L'anencéphalie, une malformation grave caractérisée par un développement incomplet du cerveau et du crâne.

Chaque année, environ 2 à 3 grossesses sur 1 000 sont concernées par ces anomalies. Pourtant, la prise d'acide folique avant et au début de la grossesse permet de réduire leur risque de 50 à 70 %.

 

Pourquoi faut-il commencer avant d'être enceinte ?

Le tube neural se forme et se referme très tôt, parfois avant même que la future mère sache qu'elle est enceinte.

Attendre un test de grossesse positif pour commencer à prendre de l'acide folique peut donc être trop tardif pour bénéficier pleinement de son effet protecteur.

C'est pourquoi il est recommandé de commencer la supplémentation au moins quatre semaines avant la conception, idéalement dès que le projet de grossesse se précise.

Pour la plupart des femmes, la dose recommandée est de 400 microgrammes (0,4 mg) par jour, à poursuivre jusqu'à 12 semaines d'aménorrhée.

Une alimentation équilibrée, riche en légumes verts, légumineuses et fruits, contribue également aux apports en vitamine B9, mais ne remplace pas cette supplémentation.

Si vous envisagez une grossesse, parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, et commencez l’acide folique avant même d’arrêter votre contraception. C’est un geste simple, sans risque, qui protège efficacement le développement du système nerveux de votre futur enfant

Dr Audrey Lamouroux
gynécologue-obstétricienne et co-coordinatrice du CPDPN du CHU de Nîmes

Toutes les femmes sont-elles concernées ?

Oui ! Cette recommandation concerne toutes les femmes qui envisagent une grossesse, même en parfaite santé.

Certaines situations spécifiques nécessitent des doses d’acide folique plus importantes : antécédents personnels ou familiaux de malformation du tube neural, diabète mal équilibré, épilepsie traitée par certains médicaments, obésité importante ou prise de certains traitements. Dans ces situations, un avis médical avant la grossesse est essentiel. Le professionnel de santé pourra adapter la supplémentation selon les besoins.

 

Comment ces malformations sont-elles dépistées ?

Ces anomalies ne provoquent généralement aucun symptôme particulier chez la future mère.

Leur dépistage repose principalement sur les échographies réalisées pendant la grossesse. Parfois, dès l’échographie du premier trimestre, c’est le plus souvent l’échographie du deuxième trimestre, autour de 22 semaines d'aménorrhée, qui permet d'examiner en détail le cerveau et la colonne vertébrale du bébé.

Si une anomalie est suspectée, des examens complémentaires peuvent être proposés pour préciser le diagnostic et accompagner les futurs parents.

Au CHU de Nîmes, un accompagnement avant et pendant la grossesse

Le service de gynécologie-obstétrique du CHU de Nîmes accompagne les femmes dès leur projet de grossesse et tout au long de leur suivi médical.

Le CHU dispose également d'un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN), qui réunit différents médecins spécialistes pour étudier les situations nécessitant une expertise particulière.

Lorsqu'une anomalie est suspectée chez le bébé, cette équipe peut proposer des examens approfondis, expliquer les possibilités de prise en charge et accompagner les parents dans leurs décisions.

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